Maurice Gounon est né Ă Lyon dans le 3ème en 1915. Le grand-père, « enfant abandonné », descendu de la montagne ardéchoise pour chercher du travail en ville, avait atterri place du Pont Ă la Guillotière, un quartier ouvert au paysan sans terre comme Ă l’émigré. Non loin, le Père Chevrier accueillait tous ces garçons en détresse. Le petit Maurice écoutait le grand père parler du Prado, de sa lutte pour sortir de la misère et devenir compagnon du tour de France, ouvrier mal payé mais fier de son travail ( quai de SaĂ´ne, cĂ´té presqu’île, on peut voir le portail de la synagogue, chef-d’œuvre de BenoĂ®t Gounon) . Il n’en fallait pas plus pour semer au cĹ“ur de Maurice l’exigence d’une fidélité Ă la parole et au témoignage du grand –père et du père Chevrier, et la nécessité de répondre Ă l’appel de ceux qui n’ont personne.
Son père, ouvrier plombier, se mit Ă son compte et créa place de la République un des premiers magasins de sanitaires dans l’entre-deux guerres. Maurice fit ses études au Lycée Ampère. Au contact du père ChaĂ®ne, Ă la conférence Ampère, sa vocation s’affermissait et le patro de Saint Pierre de Vaise devenait son banc d’essai. « J’ai attendu 7 ans l’autorisation de quitter mes parents » Son père freinait des quatre fers car Maurice tenait le magasin. A temps perdu, il suivait des cours de philo Ă la fac et se perfectionnait en latin avec le père Tayaut.
Par fidélité au père Chevrier, il aurait voulu entrer au Prado, mais le père qui le reçut ne prit pas sa demande au sérieux. Déçu, il en parla au Père ChaĂ®ne qui le dirigea vers le Père de Castelnau, le recteur du collège de la Trinité. « Celui-ci m’a dit : votre projet n’est pas tout Ă fait le ministère ordinaire de la Compagnie. Priez bien. Cela m’a démonté, j’ai quand mĂŞme prié et huit jour après, petit mot du P. de Castelnau : je n’ai rien contre ce que vous désirez. Tous les Provinciaux suivants ont répété la mĂŞme chose. »
C’est ainsi que Gounon entre au noviciat d’Yzeure en novembre 1939, à 24 ans.
Tout au long de ses années de formation, il rencontrera des compagnons avec qui il montera des camps et des colonies. C’est Ă Vals que germent les premières pousses de ce qui deviendra les « AJD » (Amis de Jeudi-Dimanche). Discrètement, Gounon aiguille sur l’hĂ´pital psychiatrique de Montredon au Puy des enfants juifs privés de leurs parents et confiés Ă la Supérieure qui les protégera jusqu’à la Libération.
De 46 Ă 50, théologie Ă Fourvière. L’effervescence intellectuelle y va de pair avec le bouillonnement apostolique : pour les uns, c’est le monde musulman, pour d’autres, l’enseignement. Pour Gounon, c’est le monde des banlieues et de sa jeunesse.
Pendant 46 ans Ă Lyon, sa vie se déroule en deux temps : accueillir et quĂŞter…
L’accueil commence forcément par un sourire, un préjugé favorable, le faire asseoir
, lui offrir Ă manger. Ayons pour ce «millième» un regard neuf.
Considérons-le comme l’unique, le premier absolu… Il a quelque chose Ă me dire
, ce n’est pas par cela qu’il commence, ça ne sortira que dans un long moment, ou demain, ou plus tard
. A moi de lui donner le temps comme s’il était le seul. Ce qui compte, c’est l’élévation
du caractère et de l’esprit. Que cette rencontre les aide Ă reprendre confiance en leur
avenir et Ă désirer aider les autres, Ă ĂŞtre un peu plus humain, plus fraternel.
Le but, c’est leur montée personnelle, le reste n’est qu’un moyen.
Ces histoires vraies, écrites ou parlées, furent sa prédication lorsqu’il sillonnait la France et les pays voisins pour recueillir des fonds. QuĂŞteur infatigable, mettant la mĂŞme foi Ă tendre la main qu’à accueillir le garçon, et quĂŞteur qui savait dire merci et rendre compte : témoins ces fichiers d’adresses, une mine d’échanges épistolaires qui établissaient une chaĂ®ne d’amitiés entre les Amis au contact des jeunes et les Amis qui versaient leurs dons.
Sous son impulsion, les AJD se coulèrent sans encombre dans les règlements organisant l’aide Ă l’enfance délaissée, et devinrent mĂŞme « d’utilité publique ».
Son but : AIDER par des foyers d’hébergement, des lieux de vie, des clubs ou service de prévention, des camps ou centre de vacances, activités de mise au travail, au reclassement de tout jeune, mineur ou majeur y compris couples avec ou sans enfants se trouvant en danger moral ou socialement inadaptés.
Les origines de l’association Amis de Jeudi Dimanche se situent en 1943 lorsque furent organisés les premiers camps de vacances réservés Ă des enfants ou des adolescents qui, sans cela, n’auraient jamais eu la moindre espérance de détente.
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Camps |
1943 |
RhĂ´ne |
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Prévention |
1962 |
Région Lyonnaise |
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Foyers-Chalets |
1967 |
Caluire |
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Moulin du Roure |
1975 |
Saint-Anthème (Puy-de-DĂ´me) |
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Rencontre |
1975 |
Lyon |
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Bosgenet |
1979 |
Pionnat (Creuse) |
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Trois planches |
1981 |
Amplepuis (RhĂ´ne) |
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L’Orée |
1984 |
Lyon |
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R.M.I |
1992 |
RhĂ´ne-vert |
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Le Versailles |
1995 |
Caluire |
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Pomme d’Api |
2000 |
Caluire |
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MAJO Parilly |
2001 |
Vénissieux |
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CAP |
2004 |
Lyon |
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Mineurs isolés |
2005 |
Villeurbanne |