La Fondation protège les femmes en danger

Chaque jour, la Fondation AJD et les équipes d’éducateurs et de travailleurs sociaux luttent pour la protection des femmes victimes de violences familiales et intrafamiliales. A l’occasion de la journée internationale du Droit des Femmes 2021, nous sommes heureux d’annoncer la signature d’une convention avec la Préfecture du Rhône pour aller plus loin dans la mise à l’abri des femmes en danger.

En lien avec les orientations de la Préfecture, la Fondation AJD ouvre deux nouvelles places de mise à l’abri pour les femmes victimes de violences en s’appuyant sur l’expertise de l’association partenaire VIFFIL.

La signature de cette convention permet à tous nos partenaires de travailler plus efficacement, main dans la main. Merci à la Préfecture du Rhône et à la Maison de la Veille Sociale pour leur confiance. Merci aux associations avec lesquels nous travaillons pour aider au mieux ces femmes : le VIFFIL, LAHSo et ACOLEA.

Cette mise à l’abri est essentielle pour les femmes victimes de violences et ne peut se faire qu’en travaillant avec la Police et la Gendarmerie. Nous voulons ici vous faire découvrir deux « histoires » de mise à l’abri, racontées par des travailleurs sociaux de la Fondation :

Mise à l’abri de Louise, 67 ans

Louise est victime de violences familiales de son époux et de son fils. Un soir, elle est déposée par la gendarmerie, en chemise de nuit, complètement démunie. Elle ne voit rien, elle est sans ses lunettes et sans vêtements…

Nous l’accueillons, nous prenons le temps de l’écouter. Elle pleure et elle est très inquiète pour son époux. Nous échangeons avec la gendarmerie pour qu’elle puisse récupérer ses lunettes. La gendarmerie s’en charge !

Nous lui trouvons des vêtements pour qu’elle puisse se vêtir, nous lui donnons de quoi se nourrir. Elle a une appétence pour le sucré et des produits laitiers ! Toutes les jeunes filles de l’étage l’ont pris sous leurs « ailes », c’est leur grand-mère ! Elles vont la voir, lui remontent le moral et mangent avec elle.

Au bout de 4 jours, Louise a fait le choix de retourner chez elle mais elle nous dit repartir avec de la force ! Elle ne peut quitter son époux après autant d’année de mariage mais cela lui a fait beaucoup de bien car elle n’imaginait pas que cela était possible : autant de soutien par des personnes inconnues, de la chaleur humaine dans des moments très compliqués.

Mise à l’abri de Anne, 19 ans

Anne est victime de violences par son « ami ». Elle a été violentée dans la rue et les services de Police sont intervenus sur appel des riverains qui se font menacer par « Monsieur ». Elle pose une énième main courante mais ne souhaite toujours pas déposer plainte. Elle est amenée à la Fondation par la Police. Elle a une valise mais pas de téléphone car il le lui a pris.

Cette jeune fille est déjà connue de notre service Urgence, qui l’a hébergé à plusieurs reprises. Très ambivalente, prise dans un cercle vicieux et sous l’emprise d’un homme qu’elle aime. Elle se pose et tisse rapidement des liens avec deux jeunes filles du service Urgence du Pôle Orée AJD. Elles se promènent toutes les trois, cuisinent ensemble et discutent beaucoup.

Anne a réussi à se poser et elle semble plus apaisée. Mais un jour, « Monsieur » la retrouve. Il est dans la cour mais ne pénètre pas dans les locaux… Anne le voit. Elle le suit et part avec sa valise.

Heureusement, la machine judiciaire était lancée et cette fois le Parquet a décidé de donner suite à ces violences répétées. La Justice s’est mise en route immédiatement. En moins de 6 heures, « Monsieur » est activement recherché. Il est interpellé et incarcéré.

Aujourd’hui, Anne poursuit son chemin seule. Elle se reconstruit et essaie de sortir de cette emprise, petit à petit.